Des lecteurs expérimentés, et ayant suivi des formations à la lecture à
voix haute, viennent lire des albums illustrés aux enfants dans les
centres de loisirs, les écoles, les bibliothèques.
La lecture masquée
La méthode la plus couramment utilisée est celle de la lecture dite
« masquée ». Le lecteur a recopié le texte de l’album sur une
feuille et a collé cette feuille au dos du livre. Il peut ainsi tenir
le livre face à son public, et lire sans que les enfants ne cessent de
regarder les pages qu’il leur montre. Il offre ainsi le livre à son
public et fait de la lecture un acte de partage et d’échange.
De plus, la voix du lecteur vient se superposer directement aux images,
sans que l’enfant puisse voir le visage de celui qui s’adresse à lui.
La voix du lecteur devient quasiment la voix du livre ; le livre
s’adresse directement à l’enfant, le lecteur essaie d’effacer les
intermédiaires.
Cette méthode fait de la lecture d’albums un spectacle original, qui
permet au lecteur de laisser s’exprimer sa fantaisie et son
imagination, dans le respect du livre et de son auteur.
Pourquoi ?
Le livre, paraît-il, souffre de la concurrence de la télévision,
d’Internet et du jeu vidéo, considérés comme plus vivants, plus
accessibles, plus fédérateurs que lui. C’est dommageable car on ne dira
jamais assez l’importance du livre en tant qu’objet d’apprentissage et
de distraction.
Il importe donc à l’association les Mots dits lect’Eure de donner aux
enfants le goût de la lecture qu'ils sont soi-disant en train de
perdre. Il s’agit de leur montrer que le livre n’est pas réservé au
seul apprentissage, mais peut également être vecteur de rire et de
chaleur.
Car c’est toute l’ambition des Mots dits lect’Eure de prouver que la
lecture peut être le lieu des échanges et du partage ; qu’on peut se
retrouver, tous ensembles, autour d’un livre, et que les émotions
ressenties lors d’une lecture sont d’autant plus belles qu’elles sont
vécues en communion avec un public.